Un bébé sur un Bullitt

Matthieu, qui s’est présenté lors de la première interview d’utilisateurs de notre série, nous dévoile dans cet article ses techniques pour emmener son fils sur son Bullitt.

Quand j’ai enfin eu mon Bullitt, ça ne faisait que trois mois que j’étais papa pour la première fois. Je trouvais que c’était un peu tôt pour emmener notre bébé à vélo : à cet âge, le cerveau n’est pas encore bien solidaire du crâne, et les vibrations leur sont néfastes.

un-bebe-sur-un-bullitt_01Aussi ai-je eu le temps de parfaire ma maîtrise du maniement du Bullitt “à vide” et surtout, réfléchir à une solution permettant de transporter mon fils en toute sécurité et confort.

J’ai choisi d’utiliser un bébé-coque (plus connu sous le nom de Maxi-Cosy, du nom du fabricant le plus répandu), une sorte de siège adapté aux bébés de 0 à 12 mois (groupe 0+) dans lequel l’enfant est assez allongé, ce qui lui permet de s’endormir facilement. Le modèle que j’ai choisi (Bébé Confort “Créatis Fix”) dispose d’une base, destinée à l’origine à être installée dans une voiture, sur laquelle se verrouille et se déverrouille très rapidement la coque. Ce système permet par exemple d’emmener votre bébé endormi après un trajet à vélo sans le réveiller en détachant la coque du vélo.

Après le choix du type et du modèle de siège, vient la question de l’installation sur la plateforme du Bullitt.

J’ai choisi de tourner le siège vers l’arrière pour mieux profiter des réactions de mon fils en fonction de l’environnement qui nous entoure, et aussi parce qu’à cet âge, je crois savoir qu’ils ont besoin d’être rassurés par la vision d’un de leurs parents.

un-bebe-sur-un-bullitt_02Comment attacher le bébé-coque au vélo ? La fixation doit être assez solide pour éviter à tout prix un détachement de la coque en route, mais également assez souple pour filtrer au maximum les vibrations. Le Bullitt n’est pas doté de suspension, sa structure en aluminium est assez raide, ce qui participe à sa performance lorsqu’il est à vide ou qu’il transporte des objets inertes. Il n’est bien sûr pas question de faire la course contre la montre avec un bébé de 6 mois à bord, mais il est possible de transformer la bête de course en paisible et confortable pullman en disposant des chambres à air gonflées entre la plateforme du vélo et la base du bébé-coque, et en utilisant des sangles passant entre la structure métallique et la plateforme pour solidariser la base avec le vélo.

un-bebe-sur-un-bullitt_03Tout est ensuite question de réglages : en ajustant la pression des chambres à air et la tension des sangles il est possible d’ajuster le comportement de la suspension. Avec des chambres peu gonflées et des sangles lâches, on filtre toutes les chocs, mais la coque tangue dans tous les sens. C’est ainsi que j’ai effectué le premier essai réel, et il faut croire que mon fils a le cœur bien accroché car ça n’avait pas l’air de le perturber d’être comme dans un navire balancé par les vagues. En gonflant un peu plus les chambres à air et en tendant les sangles, on obtient un réglage plus ferme mais plus stable. Il vaut mieux alors éviter les bosses ou ralentir si on est contraint de rouler dessus, mais en revanche, les changements de direction, les accélérations et freinages influent moins sur l’assiette du siège.

On notera sur les photos que l’option “habillage pluie” du bébé-coque trouve toute son utilité à vélo. On remarque également un défaut de ce type de système : une fois la coque installée, il ne reste pratiquement plus de place pour transporter autre chose.

un-bebe-sur-un-bullitt_04Après un certain âge et poids, la solution bébé-coque n’est plus satisfaisante. Le bébé a besoin d’une position plus redressée lui permettant de mieux voir ce qui l’entoure. Pour cela, j’ai utilisé un siège-auto catégorie groupe 1 (de 9 mois à 4 ans). Nous avons choisi le modèle Iséos de chez Bébé Confort qui offre une bonne protection latérale et le réglage de l’angle d’assise (position sieste ou éveil) et du maintien latéral.

un-bebe-sur-un-bullitt_05J’ai conservé la technique des chambres à air et des sangles pour régler au mieux la suspension du siège, avec une sangle à l’avant et deux sangles à l’arrière (ce qui permet de bien ajuster le siège à l’horizontale).

C’est ce système que j’utilise avec bonheur au quotidien depuis que mon fils a dépassé les 8 kg.

Le confort et la sécurité du bébé procurés par ce genre d’installation ont néanmoins un coût : le poids de l’ensemble (le siège que j’utilise pèse près de 10 kg) et la prise au vent, qui sont pénalisants sur des trajets de plus de 5 km. En revanche,  malgré la hauteur du siège, la stabilité en charge du Bullitt reste excellente, que ce soit à l’arrêt grâce à la béquille centrale, ou en marche grâce à la plateforme basse.

Quand l’enfant n’est plus un bébé, on peut passer à l’étape suivante : soit s’inspirer du montage proposé par Robin, soit acheter le siège proposé par Larry vs Harry. C’est paradoxalement quand ils grandissent qu’on se retrouve avec un vélo plus léger et avec plus de place pour emmener d’autres affaires ou courses.