Clément et son Bakfiets

clement-et-son-bakfiets_01Après la pétulante Ilse, nous vous présentons cette semaine un autre utilisateur du célèbre cargo bike hollandais. Si vous croisez un gros camion rouge capable d’escalader les trottoirs, de faire du wheeling ou des bunny-up, pas de doute, vous êtes bien en présence de Clément et de son Bakfiets.

PCB : Une phrase pour te présenter ?

Clément, la trentaine, marié, avec deux enfants, résidant à Maisons-Alfort (94). Je travaille à Paris et les deux enfants y ont leur école et nounou. Je sais ça fait deux phrases (trois avec celle-ci).

PCB : Comment en es-tu venu au vélo cargo ?

Clément : Ce fut un cheminement progressif et logique. Pragmatique (bien que non dénué de passion !). Dans un premier temps, habitant une grande ville de province, je m’étais mis au vélo en tant que moyen de locomotion car c’était le plus rapide et pratique. A la naissance de mon premier enfant, j’ai profité d’un changement de vélo pour réfléchir à un modèle optimisé à un usage ville et transport d’enfant. J’ai fait ça dans mon coin en aboutissant à l’achat d’une monture et d’équipements assez standards finalement, dans une grande chaîne de magasins de sports. Puis je me suis mis à m’intéresser à des sites internet pour des questions matérielles et pratiques. Ça m’a permis d’améliorer le vélo que j’avais choisi, pour le rapprocher de ce que je n’avais pas trouvé dans la grande distribution, plus friande de vélos sportifs qu’urbains (l’offre s’y est depuis améliorée), et qui me semblait à l’époque trop cher dans les boutiques spécifiques. A l’aide notamment d’un forum de gens qui vont bosser à vélo, et du blog d’un membre de ce forum, j’ai découvert le vélobrouette hollandais et ça a commencé à me trotter dans la tête : mon vélo était devenu presque parfait en ville, en ballade, en courses avec une remorque vélo, et pour transporter un enfant… mais un seul.

clement-et-son-bakfiets_02PCB : Quand et comment as-tu passé le pas ?

Clément : la naissance de mon deuxième enfant a été le déclencheur. J’en avais parlé depuis longtemps avec mon épouse, qui a du elle aussi faire son cheminement, car elle n’était au début pas très tranquille que j’emmène notre fils à vélo. Donc deux… Au début on penchait plus pour un triporteur, cela semblait plus stable, plus sûr ou en tout cas rassurant.
Puis après quelques essais, où je n’ai pas accroché sur la conduite particulière à trois roues, et avec l’optique de déménager à Paris, le biporteur à chargement avant s’est avéré plus pertinent : plus maniable, moins large, plus passe-partout, mais tout autant sécurisant finalement, stable avec les enfants bas et devant. Je n’avais pas pu essayer mais je me fiais aux retours d’utilisateurs.
Le fait de ne pas avoir de voiture en ce qui me concerne, et les réflexions sur la réalité de l’amortissement d’un tel investissement, nous ont convaincus.
Nous n’avions également aucun problème de stockage, avec un garage fermé à domicile et au travail.

PCB : Quel Cargo possèdes-tu ?

Clément : un vélobrouette hollandais, appelé Bakfiets en néerlandais (Bak : bac, fiets : vélo).
J’étais déjà parti sur un vélocargo à chargement avant (et non à porte-bagage rallongé) pour des questions de stabilité, de praticité, de confort, de sûreté ressentie.
Le choix Bakfiets/Bullit a pour moi été vite tranché : avec deux enfants, et pas trop de temps à consacrer à des bricolages ambitieux, une solution « clés en mains » était privilégiée. Avec tout de prévu pour les enfants (bancs, tente de pluie) et tout l’équipement à la hollandaise (dynamo et vitesses intégrée, freins sans entretien, etc), dans un budget somme toute contenu par rapport au cargo danois plus haut de gamme.
L’aspect nerveux, léger, « performance » n’était pas spécialement recherché, l’optique a plus été le « monospace » utile (et poussif) familial !

PCB : Par quel biais te l’es-tu procuré ?

Clément : j’ai comparé diverses options, sachant que pour ce type de vélo elles étaient assez restreintes.

clement-et-son-bakfiets_03Il y avait essentiellement deux possibilités : un magasin de vélos urbains de ma ville, membre d’un réseau de magasins spécialisés dans les vélos hollandais (Holland Bikes), et une possibilité par un revendeur français internet, avec des propositions d’options plus intéressantes. Les prix étaient relativement comparables, avec un léger avantage internet sur les options et la facture. Mais compte tenu de l’investissement et de la spécificité du vélo, je voulais pouvoir compter sur un SAV, je l’ai donc pris en magasin.

Avec une ristourne et le cadeau de quelques bricoles (chaîne de l’antivol), je m’y suis largement retrouvé. J’ai tout de même changé l’éclairage (celui d’origine était inefficace), et fait changer les freins ensuite, ceux d’origine étant trop légers (même gamme que les freins de Vélib’…) pour un engin de 40kg. Puis une fois à Paris suite à quelques avaries j’ai refait faire la roue arrière sur une base plus solide et dans une dimension plus standard (26” contre un standard peu courant à l’origine).

PCB : Referais-tu le même choix aujourd’hui ?

Clément : oui sans aucun doute, d’autant que l’équipement d’origine a évolué vers ce que j’ai en définitive, avec les quelques modifications apportées. Donc aujourd’hui j’aurais directement le vélo entièrement fini tel qu’escompté !

PCB : Quelles sont les principales choses que tu fais avec ton cargo ?

clement-et-son-bakfiets_04Clément : Presque tout. Essentiellement le trajet domicile-école-travail, parfois avec une étape de plus chez la nounou du 2e. Tous les petits trajets dans le coin avec les enfants (ou même seul), les courses (même en supermarché, on met un caddie plein dans la caisse).
Et parfois même des balades avec les enfants (le grand a un vélo qui est tracté derrière pour ce genre d’occasions). Mais je ne dors pas dedans.

PCB : Combien de kilomètres fais-tu approximativement par mois ? Est-ce ton vélo principal ? Es-tu le seul utilisateur de ton foyer ?

Clément : C’est le vélo que j’utilise le plus. J’en ai d’autres pour des usages plus récréatifs, mais ils servent peu, ou alors sur le trajet domicile-travail lorsque je n’ai pas d’enfant à véhiculer !
Je fais grosso-modo 400 km par mois rien qu’entre la maison et le boulot (12-13 km aller en passant par l’école). Ça paraît beaucoup, mais j’ai commencé plus petit avant de venir à Paris, et c’était déjà devenu essentiel ! De plus, le trajet en métro avec les enfants est un véritable cauchemar. En voiture pas mieux.
Je suis le seul utilisateur de mon foyer. Mme n’est pas très habituée au vélo, elle va s’y mettre, mais commencera par un modèle « normal » avec assistance électrique. Bien que très stable et maniable, il faut, pour conduire un vélocargo dans la circulation, un minimum d’habitude du vélo, surtout de l’assurance en fait.
Et le vélobrouette sans assistance électrique, il faut un peu de pratique, surtout pour les côtes mais ça vient vite et ça fait du bien aux jambes, au fessier et au cœur !

clement-et-son-bakfiets_05PCB : Quel regard les gens portent-ils sur ton cargo et ce à quoi tu l’utilises ?

Clément : les réactions dans la rue sont (presque) toujours positives. Les gens me demandent parfois où est-ce qu’on peut trouver un vélo comme ça. Ils trouvent ça super, mais ne semblent pas forcément prêts à s’y mettre à leur tour !
La question du « danger » revient relativement fréquemment, mais elle est plutôt liée en général à la perception erronée que la plupart des gens ont de la sûreté du vélo en ville. C’est le mode le plus sûr, le moins dangereux (i.e. le risque qu’on inflige aux autres !), le plus silencieux, et agréable aussi : pourquoi ne pas en faire profiter ses enfants ?
Je choisis par ailleurs des itinéraires plus isolés de la circulation quand je transporte mes enfants.
Mes parents s’inquiètent un peu parfois, surtout en hiver pour leurs petits-enfants : « ils n’ont pas froid ??? ». Non, pas du tout, ils sont bien peinards au chaud sous leurs vêtements épais et une bonne couverture, à l’abri de la capote protectrice !

PCB : Merci Clément, pour tes explications détaillées. Bonne route !