Jeanba et son Bullitt

jeanba-et-son-bullitt_01L’interview de la semaine est consacrée à un nouvel utilisateur du Bullitt. Jeanba se sert de son vélo pour ses déplacements utilitaires classiques, mais également pour ses activités artistiques. Le cargo bike lui offre la liberté d’un vélo classique pour parcourir la ville, et la capacité de chargement pour déplacer son encombrant matériel photographique.

PCB : Une phrase pour te présenter ?

Jeanba : Je suis un graphiste et photographe de quarante ans et papa depuis peu, en vélo toute mon enfance à la campagne et ayant repris le vélo comme moyen de transport principal dans Paris depuis 2001 environ.

PCB : Comment en es-tu venu au vélo-cargo ?

Jeanba : J’ai depuis longtemps le vieux rêve d’avoir un triporteur, et même de voyager avec. En en croisant ces dernières années dans Paris, j’ai fini par me décider à me pencher sur la question. J’avais aussi croisé quelques biporteurs qui m’avaient intrigués, dont celui d’un coursier dont je ne savais alors rien…

jeanba-et-son-bullitt_02En cherchant des infos, j’ai revu mon opinion sur les triporteurs à cause de leur lenteur, leur instabilité, leur maniabilité médiocre et leur encombrement pas si pratique pour circuler assez rapidement dans Paris ; les biporteurs m’ont semblé plus intéressants, maniables, rapides…

Plus terre à terre que l’idée du voyage, je transporte déjà tout et n’importe quoi sur mon vélo normal dont le grand panier en toile solide à l’avant ne suffit pas toujours, depuis les grosses courses au supermarché asiatique du quartier chinois à la grande surface de bricolage en passant par mon matériel photo, le dit matériel photo allant jusqu’à la chambre 20×25 cm et ses 13 kg minimum de matériel divers tenant dans un sac à dos d’environ 60 litres sans compter le très gros trépied…
Du coup l’idée du véloporteur pour ce genre de tâche usuelle me séduisait bien…

Dans l’ensemble des modèles du marché, le Bullitt (c’était celui que j’avais déjà croisé) m’a tapé dans l’œil avec ses caractéristiques : légèreté, centre de gravité bas, conduite un peu plus « sportive » que « hollandaise » ; enfin son design m’a bien plu et la couleur orange du modèle Clockwork a fini de me convaincre.

PCB : Quand et comment as-tu passé le pas ?

jeanba-et-son-bullitt_03Jeanba : Mon entourage a déjà l’habitude de mes lubies, donc ça n’a pas surpris grand monde, mais quelques amis m’ont quand même traité en rigolant de malade. Maintenant qu’ils me voient couramment avec, ils sont plutôt admiratifs.
La possibilité de transporter plus tard notre gamin laissait au départ ma compagne assez rétive, mais petit à petit l’idée progresse…

Le temps de financer cet achat conséquent et quelques mois plus tard en décembre 2011, je passais commande d’un Clockwork avec option plancher, panneaux latéraux et bâche de toile formant une caisse couverte.
J’ai ajouté un moyeu-dynamo SON monté sur la jante avant par Rando Cycles, un phare avant SON et un feu arrière B&M Seculite Plus, enfin un gros antivol U Abus Granit X complète l’antivol de cadre fourni avec le Bullitt.
Le montage d’un siège auto pour bébé est bien sûr en prévision, et plus tard encore le siège dédié.

Habitant un premier étage en haut d’un escalier coudé, il n’était pas envisageable de le garder ni dans l’escalier ni à l’étage. Une place de parking me paraissait manquer de sécurité, j’ai donc loué un box fermé au plus près de chez moi dans lequel nous garons la voiture de ma compagne et le biporteur pour à peine plus cher que la simple place de parking qu’on louait auparavant. Curieusement, l’assurance est plus chère pour un box fermé que pour une place de parking !

PCB : Par quel biais te l’es-tu procuré ?

Jeanba : J’ai contacté le distributeur parisien listé sur le site du constructeur et qui participe au forum Vélotaf. Le règlement a été effectué directement auprès du constructeur et l’énorme colis a été livré directement chez moi, à ma charge de l’assembler, ce qui ne m’a pas posé de difficulté notable.
À noter que la bâche n’était pas assez large, le fabricant me l’a échangée contre une autre qui cette fois va bien.

PCBM : Referais-tu le même choix aujourd’hui ?
jeanba-et-son-bullitt_04Oui, mais je ne suis pas sûr que dans l’idée du voyage, un véloporteur soit le meilleur choix ; on peut aisément composer un ensemble vélo et remorque plus léger, et on peut décrocher la remorque entre les étapes.

Je réfléchis à l’intérêt d’ajouter une assistance électrique : habitant à Gambetta, où que j’aille, je termine au retour par une bonne côte qui finit de m’achever si je suis particulièrement chargé ou fatigué. Pour l’instant mes scrupules écolos et mon physique me permettent de résister encore.

Pour le reste, je me régale et délaisse de plus en plus mon VTT…

PCB : Quelles sont les principales choses que tu fais avec ton cargo ?

Jeanba : Je fais donc à peu près la même chose qu’avec mon vélo, mais avec plus de facilité pour trimballer de plus gros volumes. J’ai pu également déposer mon autre vélo se faire réviser sans avoir besoin d’un autre moyen de transport au retour. Et puis donc le transport de mon lourd matos photo.

PCB : Combien de kilomètres fais-tu approximativement par mois ? Est-ce ton unique/principal vélo ? es-tu le seul utilisateur de ton foyer ?

jeanba-et-son-bullitt_05Jeanba : Je ne suis pas à proprement parler un vélotafeur puisque je travaille en indépendant chez moi. Le vélo est cependant mon principal moyen de transport lorsque je suis seul puisque ma compagne a peur de rouler dans Paris. Je possède actuellement un VTT dont j’ai changé les « pneus de tracteur » contre des pneus de route bien plus efficaces.
Je n’ai aucune idée des distances que je parcours par mois, mes sorties font, je dirais, entre 5 et 25 km, et peuvent se dérouler plusieurs fois dans la semaine comme quelques rares fois dans le mois, c’est très irrégulier.

PCB : Quel regard les gens portent-ils sur ton cargo et ce à quoi tu l’utilises ?

Jeanba : On ne passe pas du tout inaperçu ! Les femmes âgées apprécient et voient immédiatement le potentiel « transport d’enfant » ; pas mal de motards ou d’automobilistes au feu rouge détaillent l’engin et me demandent ce qu’il coûte ; il m’arrive de discuter lors d’arrêts avec des passants, généralement les gens le trouvent plutôt épatant mais s’interrogent sur la difficulté de le conduire.

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