Le Bakfiets de Julie

butte-aux-cailles  Nous avons le plaisir de vous présenter Julie, qui l’air de rien au guidon de son “petit” Bakfiets noir, grimpe la Butte aux Cailles comme une promenade de santé avec ses deux enfants à bord, et ce rien qu’avec ses mollets ! Outre son énervant coup de pédale, elle déborde d’un enthousiasme communicatif qu’elle vous transmet aujourd’hui en ne tarissant pas d’éloges pour son véhicule !

PCB : Une phrase pour te présenter ?

Julie : Alors… (on ne compte pas les points de suspension, si?) Moi, en fin d’études de science politique dans le Vème, où mon conjoint travaille, deux enfants scolarisés dans le XIIIème, où je travaille également et où nous résidons, bref, un microcosme assez idéal pour le vélo !

PCB : Comment en êtes-vous venus au vélo cargo ?

Julie : Avec la naissance de nos deux enfants (respectivement 4 et 3 ans), et une culture du « rayon » bien ancrée (environ 6 vélos d’époques diverses et variées dorment en alternance dans notre cave de 4m2 ), on a voulu éviter la plaie du bus bondé et le parcours du combattant «PoussetteMacLaren-pouvez-vous-m’aider-à-descendre-les-marches-du-métro ».

Nos enfants sont scolarisés à l’opposé du quartier où nous résidons, ce qui représente tout de même 30 minutes aller à pied. Fin 2009, nous avons fait des recherches sur Internet, en tapant des mots-clé absurdes pour trouver des modèles de vélo adaptés au transport de deux enfants, et il ne faut pas croire, à l’époque c’était plutôt confidentiel ! Le siège enfant double (avant et arrière) nous paraissait tout à fait inenvisageable dès le départ. On avait vu des messages concernant les « carrioles » fixées à l’arrière d’un vélo, mais à Paris, quel stress permanent…

Puis j’ai croisé, dans mon quartier, une fille avec un Gazelle Cabby (le modèle biporteur avec « caisse » pliante en toile à l’avant). Quelques semaines plus tard, nous faisions des essais de modèles dans une boutique du 92, vers Pont de Sèvre. La boutique (qui a fermé depuis?) avait, chose rare, une super piste circulaire, et j’ai pu tester plusieurs types de vélos très différents de manière sécurisée.Luco-2012-2

PCB : Quel Cargo as-tu choisi ?

Julie :  J’avais essayé le Nihola, mais le triporteur m’a donné l’impression de conduire un veau… Quant au prix, et à l’impossibilité à l’époque de trouver un modèle d’occasion, n’en parlons pas.

Le bakfiets biplace [Bakfiets biporteur modèle court, NDR], dès que nous avons eu vent de son « petit nom », nous est apparu comme le modèle idéal, fonctionnant comme un vélo « classique », avec une possibilité de vitesse relativement intéressante, un design discret (le nôtre dort dans la rue depuis 3 ans sans aucune égratignure), assez d’espace pour caser deux petits et des courses (sous le siège et devant) et surtout, surtout, une bâche qui, en cas de brise, crachin, tornade ou apocalypse, laisse les enfants, mon Mac et nos courses à l’abri de tout. En général, quand je suis en route trempée comme une soupe, je vois les petits jouer à suivre le trajet des gouttes d’eau qui perlent sur la bâche en riant, ça me laisse le choix entre hurler de rage et relativiser… En général je saisis la seconde option, preuve que le vélo adoucit les mœurs…

PCB : Par quel biais te l’es-tu procuré ?

Julie : On a écumé, en bon néophytes, les forums dédiés aux « vélotaffeurs », « vélo-accros », et autres “cyclo-dépendants » en tous genres, et on a fini par découvrir l’existence de revendeurs de Bakfiets en France. Du coup on a commandé illico le vélo sur le site Bakfiets.nl, pris des options (pour info, penser à faire changer dès l’achat les pneus, et prendre des Schwalbe anti-crevaison (non je ne travaille pas chez eux), ce qui évite de faire changer un pneu puis l’autre après être passé dans un quartier de fêtards-lanceurs-de-bouteilles-vides-sur-la-piste-cyclable…), et on a demandé à ce que la bête nous soit livrée chez « Les vélos Hollandais » dans le XVème (le gérant de la boutique est danois, un type formidable).

Soit dit en passant, la situation géographique de la boutique m’a permis, le jour de la réception, d’expérimenter les Maréchaux de Porte de Versailles à Porte d’Italie, ses côtes, ses piétons en mode « Y-faut-pas-qu’je-rate-monRER-je-vais-courir », et ses chauffards… Une expérience très formatrice pour une première !

PCB : Referais-tu le même choix aujourd’hui ?anniv

Julie : ah que oui ! Non seulement le Bakfiets permet d’être à l’heure à l’école en moins de 10 minutes (contre 30 à pied), mais il reste très maniable dans les virages (enfin pas à 90° non plus), relativement léger, il permet de faire des courses en plus du transport d’enfants, et se révèle très très très très facile d’entretien. Ce qui me permet justement, (futur vélo-cargoïste, si tu me lis…) de mettre en garde contre les fabrications chinoises, les trucs en kit et autre. Le vélo cargo, c’est quasiment une voiture sans moteur, on peut transporter presque autant de choses que dans une Mini (je le sais d’expérience) et, surtout, des ENFANTS. Donc, si on investit, on ne le fait pas à la légère, le bakfiets avec options « Pimp my ride » et assurance tout risque coûte moins de 2 000 euros, c’est moins qu’un scooter Peugeot monoplace, c’est bon pour la santé, c’est bon pour le moral (la fameuse expérience des gouttes d’eau sur la bâche), et en plus c’est la classe, ce qui me permet d’introduire la question suivante…

PCB : Quel regard les gens portent-ils sur ton cargo et ce à quoi tu l’utilises ?

Julie : Je crois qu’il y a eu un avant et un après… Avant quoi et après quoi, je ne sais pas précisément mais, durant plus d’un an, les réactions ont été très vives à notre encontre. Au départ c’est simple, des remarques très violentes du style « ah mais si il/elle veut tuer ses enfants, c’est son choix » ou « vous n’avez pas honte de leur faire subir ça ? ». Puis il y a eu des questions de curieux, sur le poids du « machin » (je fais tous les soirs la côte du Bld Blanqui vers Place d’It’), sur le confort des enfants, sur la maniabilité. Et depuis un an, ce qui est très rassérénant, des interpellations du type « vous l’avez eu où ? C’est génial », « je cherche justement quelque chose du genre pour mes jumeaux » voire « vous êtes très courageuse » (sourire de Joker sous mon front en sueur). Les vélos-cargo ont l’air de se démocratiser, j’en suis très très contente, pour notre image de parents responsables et pour l’avenir d’une ville comme Paris (et sa banlieue) qui tend toujours davantage vers un modèle « bike-friendly ». J’espère que la ville sera à même de promouvoir ce genre de pratique (et je profite de l’interview pour passer un petit message à son équipe « politique de la ville et voirie » : coucou ! Le passage autorisé à certains feux rouges  depuis cette année à vélo et en zone 30, c’est bien, mais les voitures qu’elles z’arrivent de droite à toute blinde (genre Taxi Driver), tu y as pensé?). Paris n’est pas faite pour les vélos, (si vous voyiez Amsterdam (soupir)), alors à nous, sans
prendre de risque, d’impulser le mouvement. Le changement de selle, c’est maintenant !

PCB : Quelles sont les principales choses que tu fais avec ton cargo ?

Julie : Je transporte les enfants de chez nous (vers Porte d’Italie) à la crèche pour l’un, et à l’école pour l’autre, dans le quartier de Glacière. Je vais au travail (ou jusque récemment, à la fac) « à vide » sans eux,1er-mai-2012-2 je fais un peu de transport logistique type « Déménageuse bretonne » pour ma boîte, sinon je fais des Courses (avec un C majuscule) avec ou sans les enfants (avec c’est possible!). On a participé à des déménagements de manière plus qu’efficace et, selon nos calculs, on pourrait alimenter le Hell Fest en bière pour une durée approximative de 40 minutes.

 

PCB : Envie d’ajouter un point libre qui n’a pas été abordé ?

Julie : je crois que j’ai un peu débordé…

Eh bien merci infiniment, Julie, nous sommes ravis que tu aies débordé ! Nous espérons te croiser le 30 juin à Vincennes !