Quelques jours d’essais sur un Douze

Thomas, le créateur de la marque Douze cycles, quelques jours avant le Paris Cargo Bikes Meeting 2013, nous a laissé en test un de ses Douze Messenger. Après être passé par les mains de Matthieu, je l’ai eu pour 5 jours, avant de le céder à Franck à contre-cœur… Des trajets maison/boulot, mais aussi sur un week-end, c’était parfait pour mieux se rendre compte des capacités de ce tout nouveau venu dans le monde des cargos.

La "v1" entre mes mains lors du PCBM 2012.

La “v1″ entre mes mains lors du PCBM 2012.

Une esthétique.
J’ai eu un gros faible pour la ligne générale du vélo. J’avais découvert le concept lors du PCBM 2012, quand Thomas nous avait présenté la version prototype, et j’avais été conquis. Il y a un vrai geste de designer, le vélo est bien pensé certes, mais son dessin n’est pas que le résultat de sa fonction.
Bref, j’apprécie la ligne générale du vélo. Je la qualifierai de néo-rétro, un style que l’on retrouve maintenant dans le monde automobile qui s’inspire de ses gloires passées pour attirer un nouveau public. Il y a un peu de cela selon moi dans ce Douze. Des lignes tendues mais toutes en courbe, un bel équilibre entre plateforme et cadre.

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Avec un pilote de moins de 1,60m.

Une facilité déconcertante.
Le vélo que nous avons eu est un Messenger, des deux cadres proposé par Douze Cycles, c’est celui qui a une barre entre tube de selle et direction. Un cadre “homme” en quelque sorte. Je ne parlerai pas de son équipement, celui que nous avons eu était équipé d’un moyeu Shimano Nexus 8 et de roller-brakes. Cet équipement classique convenait au vélo mais il semblerait que les futurs Douze soient équipés différemment, et en aucun cas cela changerait le comportement du vélo.
Ma première impression fut que le vélo (de taille unique) est vraiment universel, je me suis senti vraiment à l’aise dessus, et je pense que quelqu’un de plus petite taille y trouverait aussi sa place. La longueur du cadre permet d’avoir un buste beaucoup plus droit que sur mon Bullitt. C’est vraiment très appréciable. C’est le seul reproche que je fais à mon Bullitt perso, sa position est trop sportive, et parfois usante à la longue si on veut cruiser peinard…

Sur le Douze, tout me tombait sous la main, naturellement. Et puis l’équilibre général du vélo est vraiment bien, bien sûr j’ai l’expérience de ce genre de camion, mais parfois passer de l’un à l’autre oblige à retrouver ses repères. Sur celui-ci, pas d’adaptation. On l’a bien en main dès le premier tour de roue. pcbm2013_matthieu_0082
Demandez donc à tous ceux qui l’ont essayé lors du PCBM 2013. Une journée pendant laquelle il aurait eu tous les suffrages, ou presque.
Je ne saurai dire ce qui fait que ce vélo est agréable à rouler. Sans doute la somme de toutes ses qualités.
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Un empattement d’une taille très acceptable, qui permet d’avoir un plateau de taille généreuse et une bonne stabilité grâce à la très faible hauteur de la partie avant. Il y a aussi une fourche avec une chasse généreuse qui permet de rouler sans les mains sans que la roue avant se mette à guidonner. Vous savez, le guidonnage, cette oscillation très rapide de la roue avant suite à une petite bosse…
Ce truc qui fait que tu sers les fesses et le guidon de toutes tes forces ! Et que tu achètes un amortisseur de direction pour ton Bullitt…

Des petits détails qui font la différence.
Au fil des kilomètres, je me suis aperçu que ce cargo est assez modulable. Et modulaire aussi !
Modulable car, bien que Thomas ne nous ait pas fourni d’accessoires, j’ai découvert que les tubes en aluminium cintrant la plateforme peuvent s’écarter sur deux crans supplémentaires. Soit jusqu’à 11cm de plus en largeur, ce qui permettrait d’assoir deux enfants en bas âge côte à côte. La hauteur du guidon et son recul permet même de les assoir bien droit sans que leurs têtes ne soient dans les câbles.
essais_douze_cycle_001Les barres latérales se décalent en dévissant 4 petites vis nylon, des sortes de clips en gros. Rapide et efficace. Lors de mes trajets dodo/boulot, je trimballais une grosse boîte en carton vide et un gros sac. J’aime bien le test de la boîte en carton vide, on vérifie assez rapidement l’efficacité du transport de petits colis. La boîte est suffisamment légère pour se faire pousser par le vent et tomber.
Mais sur le Douze, les barres latérales maintiennent les plus gros objets aisément sans avoir à les attacher. Mon cargo de référence, le Bullitt, échoue lamentablement au test de la boîte…
Et modulaire car le vélo peut se démonter en deux parties assez facilement en dévissant 5 boulons. Les quatre reliant la plateforme au cadre et en déconnectant la barre de renvoi de direction avec le cinquième boulon, on se retrouve avec deux gros morceaux certes, mais deux morceaux qui rentreraient dans un coffre de grosse voiture…
Il y a des butées sur la fourche qui empêchent la roue avant de trop pivoter. En conduite, il est vraiment rare d’arriver en butée à moins de slalomer au pas entre deux files de voitures, et là, la manœuvre sera peut-être parfois nécessaire. Mais sinon, elles préservent la biellette des frottements du pneu.

dropoutIl y a aussi de belles pattes usinées qui maintiennent la roue arrière. Pour un esthète (comme moi) cela flatte un peu l’égo, la petite pièce usinée dans la masse. Pour un artisan cadreur, cela permet de n’avoir qu’un seul modèle de cadre mais de proposer plusieurs options pour le freinage ou le moyeu à vitesses.

D’ailleurs le triangle arrière, avec ses bases courbes et basses, permettrait d’y monter une transmission à courroie sans avoir besoin d’ouvrir le cadre.
Le Douze était équipé d’un solide garde-boue arrière métallique et bien enveloppant. Il a rempli son rôle sans soucis. En revanche la roue avant n’en est pas équipée, à la place se trouve une protection sous la forme d’une petite plaque fine en pvc entre les deux tubes soutenant la douille de direction. Elle est sensée protéger pilote et un éventuel passager des projections. Je n’ai pas eu la chance de l’essayer sous une pluie abondante, mais j’imagine qu’elle avouerait alors ses limites.

En mode utilitaire.
Quand on me prête un vélo, je roule avec. Quand on me prête un vélo-cargo, je le charge.
essais_douze_cycle_003Thomas m’a dit, après coup, qu’il valait mieux rouler en laissant les deux arceaux cintrant la plateforme car ils participaient à la rigidité du vélo. Trop tard…
Le déménagement d’une machine à laver, la grosse cubique avec hublot, s’est fait sans soucis. La béquille plus étroite que le plancher était stable, le plus dur fut de soulever la machine pour l’y poser. Mais une fois sanglée, le vélo n’a pas bronché. Certes il est en acier donc plus “souple” qu’un cadre aluminium, mais il est solide. Thomas annonce un poids pilote+charge ne devant pas dépasser 170kg. J’en étais pas loin, mais à rouler tranquillement sur la chaussée en évitant tout choc ou descente de trottoir je n’ai fait subir aucun dommage au vélo. Bien évidemment, ce n’est pas fait pour ça. Le centre de gravité est beaucoup trop haut perché et l’ensemble vélo+charge devient instable en courbe.

Une marque en perpétuelle réflexion.
Nous avons rendu le Douze à son propriétaire. J’ai discuté avec Thomas de tout ce qui m’avait plu, ou moins plu. Et même si j’ai eu à l’essai l’une des premières versions commercialisées, il présentait déjà lors du Meeting des améliorations exactement sur les petits détails qui avaient retenu mon attention.
Il y aura des modifications pour les prochaines versions telles que la béquille plus large et avec ressort de rappel, une nouvelle fixation du banc, des renforts de cadre, etc… D’ailleurs, Thomas alimente le fil de discussion sur le forum vélotaf dédié à ce cargo, il y donne pas mal d’informations sur ses futures modifications et améliorations.

Des accessoires ?
Un banc en tandem pour 2 sièges enfants. Une caisse. Un sac. Un canopy. Un avant de triporteur…

pcbm2013_matthieu_0106Bref, ce vélo a remporté un grand succès d’estime lors des deux Paris Cargo Bikes Meeting, et depuis environ un an, il s’en est vendu une bonne cinquantaine principalement en Belgique et Allemagne. Je ne vous cache pas qu’après ces quelques jours d’essais, je peux affirmer que ce succès est amplement mérité.
Un vélo bien né.

A noter que Thomas de Douze Cycle sera présent au Salon du Cycle de Paris, du 13 au 16 septembre 2013. Il se trouvera au stand 20, allée A pour présenter un nouveau projet en collaboration avec Gitane.

3 réflexions au sujet de « Quelques jours d’essais sur un Douze »

  1. Article sympa ; seule faute de goût : « canopy » à la place de « cabine » !
    En français ce sera plus compréhensible par les non-initiés qui viendraient à lire cet article.

    Ce franglais m’agace quelque peu, sans parler des fautes de sens comme « honeycomb » au lieu de « plancher » dans les discussions sur le Bullitt, alors que « honeycomb » signifie juste « structure alvéolée » (en nid d’abeille), et que le terme anglais complet étant « honeycomb board », s’il fallait utiliser un anglicisme pour dire « plancher », c’est « board » qu’il aurait fallu garder. À croire que les vélotafeurs sont nuls en anglais.
    Bon j’arrête ma digression, bonne rentrée à tous, bonne lecture et interro la semaine prochaine ! :-D

    • Certes, canopy est un mot anglais. Mais sa traduction serait plutôt “moustiquaire” car il vient du grec konops qui nous a aussi donné canopée ou conopée. Tu sais cette toile recouvrant les tabernacles…
      Alors, si j’avais pris nos lecteurs pour des analphabètes, et que j’eu écrit conopée, je ne suis pas certain qu’ils comprennent mieux de quoi il s’agit.

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