Un brasseur sur biporteur !

un-brasseur-sur-biporteur-001Voici Pierre-Edmond, jeune francilien passionné d’avions et de trains. Il est adepte du tout-non-voiture, et surtout c’est un brasseur de bière amateur qui n’a pas sa langue dans sa marmite !

PCB : Une phrase pour te présenter ?

Pierre-Edmond : PEK (mon surnom), pas encore trentenaire, conducteur de train, brasseur de cuisine et allergique aux automobiles depuis plus de 10 ans

PCB : Comment en es-tu venu au vélo cargo ?

Pierre-Edmond : C’est un long cheminement, très lié à la fois à mes loisirs et à ma vie professionnelle. Durant mon adolescence, j’habitais à la campagne et je me déplaçais beaucoup à vélo pour rejoindre mes amis qui habitaient parfois à une quinzaine de kilomètres en terrain vallonné. Un peu avant mes 18 ans, j’ai commencé la conduite accompagnée et c’est là que j’ai réalisé que le mode de transport automobile était venu sur terre pour nous détruire ! Mes parents qui ont dilapidé beaucoup d’argent pour payer les cours de conduite m’ont mis la pression pour que j’obtienne le permis, mais depuis que je l’ai, je n’ai jamais conduit de véhicule motorisé de moins de 100 tonnes (sauf des golfettes sur un terrain de planeur, et un vélo électrique…). Je considère qu’une bonne automobile est une automobile écrasée sous un train.

un-brasseur-sur-biporteur-002En 2004 j’ai fait ma première rencontre avec un vélo cargo. C’était un triporteur on ne peut plus basique. Sans vitesses, sans roue-libre, avec un simple frein de parking. C’était sur la Base Aérienne de Dijon où je débutais comme mécanicien avion. Dans un atelier de mécanique, mes convictions anti-automobile en ont choqué plus d’un ! Je réalisais toutes les tâches qui nécessitaient de déplacer des pièces lourdes ou encombrantes avec ce triporteur et non avec des véhicules motorisés. Ce qui avait le don amusant d’agacer mes collègues, y compris ceux qui venaient au travail quotidiennement à vélo ou en bus.
Entre temps, pour diverses raisons, j’ai quitté l’Armée de l’Air pour la SNCF, installé à Paris depuis presque 6 ans, je me déplaçais en métro.

Depuis 3 ans, avec deux amis, nous nous sommes mis au brassage de bière en amateur, et nous avons réalisé un blog : Bière à la Main (www.bierealamain.fr). Nous réalisons parfois des démonstrations de brassage en public (nous avons même récemment eu droit à des articles dans l’Express et dans VSD !). J’étais à la recherche d’une solution pour transporter notre matériel (marmite, filtre, brûleur, bouteille de gaz…) plus facilement qu’en métro.

PCB : Quel cargo as-tu choisi ?

un-brasseur-sur-biporteur-004Pierre-Edmond : Au début, et après lecture attentive de ce site, je m’orientais plutôt vers un triporteur qui me paraissait être une solution plus stable et avec une plus grande capacité de charge. Mais comme je n’avais pas tellement envie d’investir autant d’argent dans un véhicule qui ne me servirait que de manière épisodique, je voulais plutôt quelque chose de léger et maniable, qui pourrait aussi me servir dans mes déplacements quotidiens. Donc je me suis tourné vers le Nihola. Mais alors que j’étais en pleine période de réflexion sur le modèle de cargo que je désirais acheter, j’ai eu l’occasion d’essayer un Bullitt qu’un copain du boulot avait lui-même emprunté. Je savais que j’avais à faire à du très bon matériel, mais j’ai tout de suite été conquis, et mes a priori sur la stabilité et la charge des biporteurs se sont envolés !

PCB : Par quel biais te l’es-tu procuré ?

Pierre-Edmond : Par le site Paris Cargo Bikes ! J’avais remarqué qu’il y avait plusieurs Bullitts presque neufs à vendre dans la rubrique « petites annonces » du site. J’ai économisé quelques centaines d’euros et j’ai eu mon vélo immédiatement, sans avoir à attendre de longues semaines.

PCB : Referais-tu le même choix aujourd’hui ?

Pierre-Edmond : Ce qui est certain, c’est que c’est un choix que je ne regrette absolument pas, ce vélo répond parfaitement à mes attentes les plus folles. Mais je serais quand même curieux d’essayer d’autres cargos de la même catégorie, qui ont aussi très bonne réputation, comme le 12 Cycles ou l’Omnium, juste pour comparer.
Entre sa boîte de vitesse, ses garde-boues, ses freins à disques et sa potence réglable, le Bullitt est de base parfaitement équipé pour son usage, et il est très agréable à utiliser. J’ai tout de même changé la sonnette (dans la circulation parisienne il faut quelque chose de costaud !), ajouté un porte-bagage à l’arrière, un rétroviseur, ainsi qu’une caisse métallique sur la plate-forme.

PCB : Quel regard les gens portent-ils sur ton cargo et ce à quoi tu l’utilises ?

un-brasseur-sur-biporteur-003Pierre-Edmond : Quand je circule à vide, avec juste la caisse (qui est rarement pleine) ils sont simplement étonnés, amusés, curieux. Mais quand le vélo est chargé, ils sont réellement bluffés. Il m’est arrivé de transporter :

  • un passager adulte sur la caisse, solidement fixé avec des sangles à cliquet et pourvu de mon casque en acier de l’armée (si le passager se fait renverser par une voiture, ça m’embêterait que la voiture n’ait rien…).
  • des caisses de bières, pour des dégustations.
  • plus de 100 kg de matériel de brassage dont une marmite de 100 litres placée sur ma caisse.
  • une machine à laver (achetée sur Le Bon Coin, je vais la démonter pour la transformer en pico-brasserie : http://laparisbeerweek.com/programme/participant/biere-a-la-main/)

PCB : Quelles sont les principales choses que tu fais avec ton cargo ?

Pierre-Edmond : Je m’en sers pour faire tout mes trajets quotidiens, et notamment le trajet domicile travail (10 km). Maintenant que j’ai repéré le bon itinéraire, et que je suis un peu mieux entraîné, je mets moins de temps qu’en métro, et le trajet est nettement plus agréable. Cela doit représenter pas loin de 500 km par mois.
Avoir un vélo cargo, c’est aussi connaître le confort de se déplacer en vélo sans avoir de sac sur le dos. La caisse que j’ai ajoutée, qui se ferme avec des cadenas, me permet également de faire mes courses, et de pouvoir les laisser dedans si je dois garer mon vélo entre deux magasins.

PCB : Envie d’ajouter un point libre qui n’a pas été abordé ?

Pierre-Edmond :  Arrêtez le super, carburez à la bonne bière !

Eh bien Pierre-Edmond, merci pour cet enthousiasme communicatif, tu ne manques pas d’arguments et on peut en tout cas dire que tu sais mettre l’ambiance dans une interview !

L’équipe PCB s’est régalée en le lisant, et vous ?

Vous pourrez retrouver Pierre-Edmond et ses complices de Bière à la Main à notre Meeting 2014 pour une démonstration de brassage !